Rechercher un article

lundi 17 juin 2019

Le mal des ruptures

Les ruptures font certainement partie des évènements de la vie qui peuvent mener à une déprime, un coup de blues. Elles font mal, sont compliquées et ne se font pas toujours dans de bons rapports. Dans tous les cas, elles laissent rarement indifférent. 

La séparation

Si, dans certaines ruptures, nous constatons que les deux parties conservent un lien (par choix, amical, ou par obligation parfois), il ne s'agit plus du même. Il y a un changement radical. Nous ne voyons plus l'autre comme avant, la relation est différente et, souvent, teintée soit d'amertume, soit de regrets, soit de nostalgie. 
La raison est simple : même si l'ancien couple conserve une certaine affinité, il n'est plus un couple. Autrement dit, la soudure qui cimentait les deux personnes a, ou disparue, ou s'est fêlée. 

Naturellement, toutes les ruptures sont différentes et il est parfaitement possible que d'anciens couples ne se retrouvent absolument pas dans cette description. 

Tout comme chacun est différent et unique, chaque couple est différent et unique à sa façon. La relation est différente, l'attitude l'est également. Il y a autant de couples différents qu'il y a de personnes sur Terre. C'est, d'ailleurs, ce qui entraîne les problématiques dans les couples : les deux parties ne désirent pas toujours les mêmes choses, ne s'entendent pas forcément sur tout même si elles se ressemblent, ont parfois des difficultés avec les compromis. 
Et, là encore, c'est tout à fait naturel. Au sein d'un couple, il faut apprendre à composer avec l'autre sans rien perdre de ce qui fait de nous, "nous". Et c'est très certainement ce qu'il peut y avoir de plus compliqué, notamment lorsque l'une des personnes qui composent le couple est particulièrement indépendante. 

Quoi qu'il en soit, les séparations ne sont jamais faciles. Plus encore lorsque l'on a passé beaucoup de temps avec cette personne. Nous devons dire au revoir à une part de notre vie, désormais terminée. Nous devons tourner la page. Accepter d'avancer. 
Lorsque nous sommes en couple (nous ne parlons pas, ici, des couples adolescents qui ne répondent pas aux mêmes besoins ni critères), nous façonnons une vie à deux. Nous avons des projets. C'est à ce moment-là que nous savons que nous ne désirons plus former des couples "adolescent" et ce, même si nous sommes encore considérés comme des ados : à partir du moment où nous voulons réellement construire quelque chose avec une personne, notre vision du couple change. 
Cela peut survenir très tôt, ce n'est pas une question d'âge. Certaines personnes sont tout particulièrement matures dans leurs relations et les envisagent avec beaucoup de sérieux. 

Ce qui signifie que nous devons dire au revoir à des projets, à des éléments que nous avons construits ensemble. Ce qui est loin d'être facile. 
Nous nous sommes attachés à cette personne, qui partageait notre vie - quelle que soit la manière dont elle la partageait - et nous allons maintenant devoir tirer un trait sur tout cela. C'est encore plus important lorsque nous en souffrons. 
Il y a énormément de couples différents, nous l'avons vu. Il y a donc énormément de manières de se séparer. Il y a, en revanche, une chose certaine : l'une des personnes souffre souvent plus que l'autre. 

Pourquoi ? Prendre la décision de se séparer de quelqu'un, c'est remarquer que quelque chose, dans le couple, ne va plus. Nous ne nous sentons pas bien, nous ne trouvons pas notre place, nous souffrons d'être avec cette personne, nous nous sentons incompris... La liste serait extrêmement longue, tant il y a de raisons de se séparer. 
Mais une séparation veut dire qu'il y a une fêlure dans le couple. Cela peut arriver que seule l'une des parties le ressente, tout comme les deux personnes peuvent l'avoir perçu. 

Il y a toutefois une notion essentielle à toute relation : nous n'avons pas à maintenir une relation qui ne nous correspond plus, qui nous fait mal ou dans laquelle nous ne trouvons plus notre place. 

L'explication

Elle n'est pas toujours présente. Ni toujours compréhensible. L'une des difficultés les plus importantes, c'est de laisser partir l'autre sans chercher à le retenir. En effet, à partir du moment où l'on exprime son désir de se séparer de quelqu'un, nous n'avons pas envie de nous appesantir forcément sur les raisons, encore moins de se sentir emprisonnés par l'autre personne. 
Une personne qui veut partir doit partir. 
Tout simplement parce qu'il est très complexe de continuer à être avec quelqu'un qui a désiré la séparation. Nous pouvons nous poser des questions, nous demander pourquoi elle ne veut plus rester avec nous, souffrir de ce que l'autre n'est plus comme avant avec nous, etc. 
Chercher à retenir quelqu'un n'est, en aucun cas, la solution. 

Ce qui peut en être une, par contre, c'est de chercher à comprendre. Pour cela, il n'est nullement obligatoire de se faire mal. Se donner rendez-vous, après, peut-être, avoir laissé passer un moment tampon, pour discuter des raisons peut se révéler être une bonne idée. 
Cela peut permettre de comprendre et comprendre, c'est déjà un pas vers l'acceptation de la situation. La discussion est la base de toutes relations, et s'il arrive que la personne refuse cette communication, nous pourrons au moins nous dire que nous avons essayé. 

Il est toujours plus difficile d'accepter une situation lorsque nous n'en comprenons pas les tenants et les aboutissants. La raison peut venir de nous, tout comme elle peut venir de l'autre. Ou un mélange des deux. 
Quoi qu'il en soit, comprendre est toujours appréciable. 

Laisser passer la douleur

Nous pouvons très bien vivre cette séparation, nous sentir soulagés d'être libérés d'un couple qui ne nous convenait plus, ni ne nous correspondait. 
Mais nous pouvons aussi en souffrir énormément. 

Il existe de nombreuses personnes qui le vivent très mal. Elles peuvent déprimer, ne plus croire en l'amour, tout désir peut les déserter. Les relations amoureuses comptent parmi les plus complexes, car elles ne sont pas écrites, nous ne savons pas ce qui peut se passer, nous sommes avec une personne qui ne nous est pas attachée par des liens tels que celui du sang. 
Encore que ce lien-là ne soit pas toujours un gage de fiabilité. 

Une rupture peut faire souffrir pendant un temps, mais plus nous nous attarderons sur cette douleur, plus elle nous fera souffrir longtemps et plus il sera difficile de l'oublier et de laisser ce passé derrière nous. 
Nous focaliser sur une rupture n'est donc certainement pas le meilleur moyen de reprendre goût à la vie et de retrouver notre joie de la vivre. C'est, en revanche, un très bon moyen de nous assurer de demeurer toujours à la même position, de ne pas avancer. 

Nous ne nous appesantirons pas sur le cliché des personnes en mal d'amour, qui ont souffert d'une rupture et se retrouvent seules chez elles sans vouloir voir personne en se laissant sombrer dans leur déprime. 
Cette possibilité existe, naturellement, mais la vie nous rattrape, quoi qu'on en dise : nous devons aller en cours, sortir de chez nous, ou travailler, ou nous occuper d'autres personnes (surtout si nous avons des enfants)... Ce qui est, de toute manière, la meilleure des choses à faire : nous concentrer sur ces éléments de la vie quotidienne. 

Se focaliser sur un projet, une passion, quelque chose qui nous tient à coeur, est une excellente solution. Nous devons poursuivre notre chemin, ne serait-ce que parce que le mal des ruptures dure un temps, mais il est certain que nous allons devoir avancer, à un moment ou à un autre. 
C'est pourquoi il est très important d'avoir un espace à soi, y compris lorsque nous sommes en couple. Une bulle qui nous appartient et dans laquelle rien ne vient interférer. Cette bulle peut être à la fois notre espace de plaisir, de bonheur, et un moment où nous pouvons souffler, nous poser. 
Il peut s'agit de notre travail ou d'une passion à côté. Il est assez mauvais de faire de notre bulle une tierce personne. Justement parce que, si elle part ou ne peut plus être présente, nous perdons tout : cette personne ainsi que notre bulle de confort. 

Plus nous nous plongerons dans cette zone, plus nous pourrons avancer. Il n'est pas nécessaire que cette bulle implique que nous restions seuls, bien au contraire. 
Des collègues, amis ou simplement des connaissances qui partagent cette activité, cette passion, sont tout à fait bienvenus. 
Une séparation, c'est aussi se donner la possibilité de faire quelque chose que nous avons abandonné, ou pour laquelle nous n'avons jamais pris de temps. 

Il faut surtout ne jamais perdre de vue qu'une séparation, même si elle est vécue avec difficultés, n'est jamais la fin de notre vie. Nous pouvons toujours nous relever. Il ne s'agit nullement de quelque chose qui signe l'arrêt définitif de tous projets, de tous désirs. 
Voir une séparation de cette manière est le moyen le plus efficace de déprimer à cause d'elle et de sombrer. 

Même si c'est compliqué, même si cela fait mal, nous devons toujours savoir que quelque chose de merveilleux nous attend. Un jour, nous ouvrirons les yeux et nous aurons tirés un trait sur toute cette histoire, nous serons heureux avec nous-mêmes ou quelqu'un d'autre.
Ce n'est qu'une séparation. Et une séparation, même douloureuse, n'est pas une maladie incurable. 

Esprits de vie

mercredi 12 juin 2019

Le portrait chinois

Le portrait chinois est un des outils de développement personnel qui devient de plus en plus connu - et utilisé. Il ne s'agissait, au départ, que d'un moyen d'apprendre à se connaître et à connaître les autres, chacun répondant aux questions en étant le plus honnête possible. 
Il apparaît à présent que ce pourrait également être une technique de travail sur soi...

L'intérêt du portrait chinois

Le principe du "jeu" est la rapidité, l'instinct. Nous sommes censés répondre aux questions en étant presque dans la fulgurance. La réponse doit nous sembler la plus naturelle possible. Nous pouvons nous donner un temps de réflexion, cependant, celui-ci ne doit pas excéder plus de quelques secondes. 

Pourquoi ? Parce que plus la réponse sera vive, plus elle sera révélatrice sur qui l'on est. Dans la spiritualité, nous avons tendance à croire que nous sommes tous liés, en tant qu'êtres vivants bien sûr, mais également en tant qu'êtres présents au sein de l'univers. 
Ainsi que le révèle le portrait astral (qui détermine qui nous sommes en fonction de la position des astres au moment de notre naissance), le portrait chinois peut lui aussi nous en dire long selon la réponse faite. 

Comment ça se passe ? Nous répondons aux questions (il existe des tests sur le net, qui font l'analyse finale, mais il est préférable de les faire sur des sites de psychologie), selon ce qui nous paraît le plus logique. Naturellement, nous sommes des êtres en constants changements, en constante évolution. Ce qui veut dire que l'analyse, quelle qu'elle soit, ne sera efficace que durant un certain laps de temps. 
Nous pouvons nous amuser à refaire le test de manière régulière (tous les ans par exemple) et constater les changements. 

Le portrait chinois peut donc devenir un bel outil dans le développement personnel, qui peut nous aider à mieux nous comprendre, bien sûr, mais surtout à accepter la personne que l'on est. L'acceptation de soi est l'une des choses les plus complexes à atteindre, nous le savons. Nous n'aimons pas toujours la personne que nous sommes, nous avons des difficultés à avoir confiance en nous et nous pouvons très vite nous retrouver à douter de nous. 
Dans le développement personnel, le but est de se trouver. De se rencontrer soi-même pourrait-on dire. 

En outre, l'un des éléments les plus intéressants de ce petit test est de constater l'analyse, de l'observer et de prendre le temps de la comprendre. De l'accepter elle, avant de nous accepter nous. 
En effet, l'analyse finale nous révèle parfois des choses que nous n'aimons pas en nous. Il peut mettre en lumière certains de nos côtés que nous ne voyons pas - ou ne voulons pas voir. Certains professionnels du développement personnel usent de cette technique pour mieux comprendre leurs clients et favoriser ainsi la vision qu'ils ont d'eux-mêmes. 
Pouvoir discuter du résultat de ce test avec un professionnel (un coach de vie par exemple) permet d'être soutenu et guidé tout au long du processus de développement personnel. 

Le portrait chinois peut également constituer une étape des bilans de bien-être. Nous aurons ainsi la possibilité de visualiser l'évolution. 
Cette évolution est parfois aisée à constater, même pour nous, et parfois très difficile, car nous ne ressentons pas forcément les changements qui se sont opérés. Pourtant, il y en a eu. Ce processus est, naturellement, intime et nous n'allons pas tous au même rythme. Heureusement ! Car nous sommes tous différents.

De même que le très célèbre test des taches d'encre de Rorshach, que l'on ne présente plus aujourd'hui et qui a pour rôle de déterminer l'état d'esprit d'une personne, le portrait chinois est un moyen de comprendre notre vision des choses, notre manière de penser. 
Et, de même que le test de Rorshach, il peut déterminer notre état d'esprit. Il devient donc, à ce moment-là, un outil psychologique. Il est cependant moins complexe à analyser que les taches d'encre, dont la compréhension ne s'acquiert que lors d'une formation en psychologie. 

Les bases de la compréhension

Il est très complexe, cependant, de comprendre nous-mêmes les réponses sans l'aide d'une analyse sûre en fin de test. 
Les réponses une à une, puis l'ensemble, doivent être compris de manière profonde, poussée. Nous nommons cela l'Analyse Transactionnelle, qui est expliquée ici

Cette analyse n'est pas, à proprement parler, de la psychologie pure, bien qu'elle en soit l'une des nombreuses branches. Elle est cependant étudiée et utilisée par certains professionnels du développement personnel. 

Des éléments incertains

Nous ne pouvons pas, nous-mêmes (à moins de connaître cette analyse) comprendre le résultat. En effet, si nous répondons quelque chose qui, au premier abord, peut sembler négatif (comme l'araignée), nous aurons tendance à croire que nous venons de révéler un côté négatif en nous. 
Ce serait l'une des erreurs importantes. Pour l'exemple de l'araignée, il s'agit en vérité d'un insecte qui a une signification positive. 

De même, voir une sorcière et son chaudron sur l'une des taches de Rorshach n'est pas forcément négatif. 

C'est la raison pour laquelle il est fortement recommandé de ne pas chercher à truquer le jeu et de répondre le plus honnêtement possible. 
Imaginons une personne négative qui cherche à être positive, les réponses ne le seront finalement pas alors qu'elle croyait donner une bonne image. Le test révélera, de toute façon, soit quelque chose de complètement faux qui ne sera d'aucune aide, soit il sera révélateur du mensonge fait pendant le test. N'oublions pas que, lorsque nous faisons ces tests, nous sommes face à des personnes qui comprennent également l'analyse comportementale et qui peuvent constater l'équilibre - ou le déséquilibre - entre l'attitude et les réponses faites. 

Il est aussi possible de s'instruire soi-même, y compris si nous ne sommes pas dans le développement personnel, afin d'augmenter nos connaissances. 
Apprendre des techniques pour mieux se comprendre et se connaître soi-même reste très positif et très bénéfique, même si nous ne les utilisons pas professionnellement parlant. Il existe aujourd'hui des formations courtes et accessibles qui permettent d'en appréhender les bases. 

Esprits de vie

vendredi 7 juin 2019

L'amour et la haine

On dit souvent que la frontière entre l'amour et la haine est infime. Effectivement. Comme nous pouvons le voir dans les crimes passionnels (entre autres), l'amour créé une haine destructrice. Mais comment cela peut-il arriver et, surtout, qu'est-ce que la haine, véritablement ?

Qu'est-ce que la haine ?

Nous devons comprendre que l'amour et la haine sont deux sentiments très semblables par bien des aspects. Pour commencer, ils peuvent tous deux déclencher - ou découler - d'une passion. Il peut nous arriver de dire "je hais ceci, ou je hais cette personne !" sans même ressentir réellement de la haine. 

La haine est un sentiment étrange, qui en mêle plusieurs autres. 
  • la colère, bien sûr, est extrêmement présente dans la haine,
  • le désespoir peut également entrer en ligne de compte, c'est lui qui peut nous amener à faire souffrir une personne en toute conscience,
  • la notion de vengeance, qui peut nous amener à ressentir de la joie face à la douleur de l'autre. 
Il peut, bien évidemment, y avoir d'autres sentiments. Comme la passion, nous l'avons dit. Il faut donc bien différencier plusieurs sentiments :
  • la haine,
  • la colère,
  • la vengeance.
Les trois ne sont pas pareils, ils ne s'expriment pas de la même façon. Et ne nous empoisonnent pas de la même façon non plus. La haine est véritablement le plus des trois sentiments ci-dessus, même si la vengeance peut provenir de la haine, ou nous y conduire. 
Nous sommes souvent plus en colère contre quelqu'un que nous le haïssons véritablement. La haine est un sentiment extrêmement puissant, autant que l'amour, qui nous prend et peut nous emporter très loin. 
Tout comme l'amour, nous pouvons être enfermés au sein d'une bulle où seule compte pour nous notre haine. 

Pourquoi la haine est-elle si proche de l'amour ?

Parler de soeur jumelle est assez bien vu, en fin de compte. Nous savons que la colère peut se déclencher aisément, et sur des personnes proches de nous sentimentalement parlant, comme sur des personnes qui ne nous importent pas. 
La colère peut être dangereuse aussi, mais telle qu'elle se manifeste dans la plupart des cas, elle passe plus ou moins vite. Cela n'empêche pas qu'elle puisse être une émotion négative quand, nous l'avons vu, elle commence à nuire à autrui. 

En revanche, il est impossible de haïr une personne qui ne nous importe pas. La haine est toujours tournée vers une personne que l'on aime énormément. 
Parce qu'elle nous fait souffrir. 
Parce qu'elle nous a trahis. 
Ces deux raisons étant les deux principales qui amènent la haine dans notre coeur. 

Je dis "notre coeur" parce que c'est vraiment de là que vient la haine. Lorsque nous aimons passionnément ou à un haut point une personne, le fait qu'elle nous trahisse ou qu'elle nous fasse souffrir est destructeur pour nous. 
Pour mieux comprendre : prenons un(e) simple ami(e) qui nous blesse ou nous trahis (de manière consciente ou pas, le pire étant bien sûr que cette personne agisse consciemment). Il ne s'agit que d'une amitié banale. Nous ne parlons pas ici de grande amitié, encore moins de "meilleurs amis". Pourtant, nous pouvons avoir le réflexe - très humain - de désirer nous venger. 

Pourquoi la vengeance ?

La vengeance est un concept exclusivement humain. Les animaux ou les plantes ne le comprennent pas. Aucun d'entre eux. 
Rappelons que la vengeance consiste à ourdir un moyen de blesser quelqu'un comme nous avons été blessés. C'est le fameux "oeil pour oeil, dent pour dent". 
Autrement dit : tu m'as blessé, je vais te rendre ce que tu m'as fait. 

La vengeance n'est donc pas nécessairement présente dans la haine. Elle peut s'y trouver, mais ça n'est pas un schéma récurrent et encore moins obligatoire. 
En revanche, un autre sentiment s'y trouve presque toujours : le désespoir. Oui, le désespoir de voir une personne que l'on aime énormément se détourner de nous, nous faire souffrir ou bien nous trahir est très destructeur. 
Ce désespoir peut provenir d'une incompréhension de la situation. Le "pourquoi" est très présent, très puissant dans le désespoir. 
Pourquoi m'as-tu fait ça ?
Qu'ai-je pu faire, moi, pour mériter ça ?
Que s'est-il passé ?
L'incompréhension est totale. Ce qui est dangereux. Ne pas comprendre le pourquoi des actes néfastes voire délibérément destructeurs d'une personne que l'on aime à notre encontre est dangereux. Et nous pouvons nous mettre à haïr cette personne que l'on aime tant. 

Parce que, oui, lorsque nous haïssons quelqu'un, nous continuons à l'aimer. C'est même la base de la haine : c'est de l'amour détruit. Saccagé. De l'amour réduit à néant. L'espoir réduit à néant. Qui nous amène à désirer détruire une personne. Par amour désespéré. 

Naturellement, nous utilisons souvent ce mot de haine pour nous exprimer alors que ce n'est pas de la haine que nous vivons en vérité. 
Replaçons les choses dans leur contexte : la haine est un sentiment d'une puissance, d'une force extrême. Une passion destructrice. C'est pourquoi la haine naît souvent dans les rapports amoureux plus qu'ailleurs. Et pas dans n'importe quels rapports amoureux : les passionnels, ceux qui engendrent un sentiment de possession très fort. 

Un petit schéma : Passion = Amour poussé à l'extrême ; Haine = Passion destructrice poussée à l'extrême.
Sachant que, dans la plupart des cas, la passion finie par être destructrice. Elle engendre de la jalousie, un sentiment de possession, et, à l'extrême limite, la haine.

Nous sommes des êtres d'émotions. Nous le savons. Nous connaissons tous la joie, la tristesse, la colère, même la jalousie ! 
Et cela n'est absolument pas grave, tant que ces sentiments ne deviennent pas extrêmes. 

Que signifie "extrême" dans ce cas ?

Quand nous parlons de sentiments ou d'émotions, les extrêmes sont mauvais. Déjà, parce qu'il est compliqué de se débarrasser d'une émotion qui est à ce point ancrée en nous. 
D'autre part, parce que cela veut dire que cette émotion prend tellement de place au fond de nous que nous ne ressentons quasiment plus qu'elle. Nous devenons aveugles au reste. 

La passion aveugle. 
La haine aveugle. 
La colère extrême aveugle. 

Même les plus positives des émotions sont néfastes si elles nous aveuglent, et oui ! Cela peut sembler étrange, c'est pourtant assez logique. 
Admettons que nous soyons quelqu'un qui ne voit que le positif partout. Aveuglés par cette quête du positif, nous pouvons en devenir naïfs, ou oublier complètement le monde dans lequel nous vivons. Il est très bon de chercher le positif dans chaque chose. 
Mais il ne faut pas oublier les mauvais côtés. 

C'est dans les moments de pluie que nous pouvons voir l'arc-en-ciel.
Oui, mais comment le voir si nous nous obstinons à ne voir que le soleil ?

Le Yin et le Yang expliquent très bien cette notion d'équilibre : en chaque côté négatif, il y a du positif. En chaque côté positif, il y a du négatif.
C'est cet équilibre qui permet à l'univers de tourner.

Le négatif absolu (ou extrême) serait la destruction totale.
Le positif absolu serait l'utopie.

Une personne positive n'est pas quelqu'un qui refuse complètement le négatif, en aucun cas. Une personne positive est une personne qui voit ce qu'il y a de négatif, mais qui choisis de ne pas se focaliser dessus.

Pour conclure, la haine est donc négative, néfaste et destructrice. Il n'y a, comme dans toute émotion extrême, aucun équilibre. Et c'est précisément là, dans ce déséquilibre, que se situe la dangerosité de ce sentiment.

Esprits de vie